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  • Claudine Deslandres

Vous avez dit émotions ?


Il n'y a pas de place pour les émotions dans le monde du travail.

Du moins, certaines personnes en sont persuadées et s'expriment rarement à ce sujet. À tel point que, lorsqu'elles évoquent les émotions, elles prononcent par exemple des phrases telles que :

Moi je n'en éprouve jamais, des émotions. Du moins, je ne les laisse jamais paraître.

Les émotions ne doivent pas diriger mon comportement.

Cela ne concerne pas mes collègues, mes collaborateurs ou mes clients.

En tant que manager, je ne dois exposer aucune faiblesse.

En tant que collaborateur, je ne dois pas laisser de faille, cela pourrait me nuire.

En tant que chef d'équipe, je ne dois pas montrer ma gratitude à mes collaborateurs.

Les autres membres de l'équipe à laquelle j'appartiens n'ont pas à savoir ce qui me traverse. C'est privé.

Je n'ai qu'à serrer les dents, d'ailleurs les autres seraient bien inspirés d'en faire autant, cela éviterait que l'organisation soit perturbée par leurs humeurs.

Les émotions sont partie intégrante de nous-mêmes

Joie, peur, colère, tristesse et dégoût : les cinq émotions de base illustrées par cette image tirée du film Vice Versa, se manifestent "à l'insu de notre plein gré". Même si nous n'accordons que peu d'attention à leur présence, même si nous tentons de contrôler la façon dont elles s'expriment, les émotions positives aussi bien que négatives nous traversent en permanence tout au long de la journée, y compris dans les moments les plus inattendus. Il est communément acquis que les émotions n'ont guère de place dans le domaine professionnel : nous sommes plus ou moins explicitement incités à ne pas en tenir compte, ou bien à composer avec, au pire à les nier. Or, prétendre que le simple fait de se trouver dans le contexte professionnel suffirait à nous rendre étanches au ressenti ou à l'expression de ces émotions est un leurre...

La neutralité est de mise !

Voici un exemple du fait que nos émotions négatives sont censées rester discrètes, et que l'ensemble de nos émotions (y compris positives) ne devraient pas transparaître dans notre attitude au travail :

Pour illustrer cet article, j'ai parcouru les images que me propose mon fournisseur de site internet : les résultats de mes recherches se sont limités à des personnes qui sont au travail, consciencieux et appliqués, parfois souriants mais qui ne bondissent ni d'allégresse ni de colère - ou bien à des personnes qui sont joyeuses mais en-dehors du travail (en extérieur, en famille, en faisant du sport) ; quant aux personnes inquiètes, dégoûtées ou craintives, je n'en ai trouvé que très peu de représentations parmi les choix qui m'étaient offerts, dont aucune dans le contexte professionnel.

Et pourtant : comment pourrions-nous éviter de nous sentir joyeux quand on nous annonce une bonne nouvelle, préoccupé quand une difficulté se se profile, agacé quand quelque chose ou quelqu'un contrarie nos projets, découragé quand nos efforts ne produisent pas les résultats escomptés, enthousiaste quand une opportunité nous passionne, stressé à l'approche d'une échéance essentielle ?

Nous ne pouvons pas étanchéifier nos ressentis. Mais alors, comment faire pour les accepter et les intégrer à nos comportements ?

Un parcours en cinq étapes

Voilà les étapes que je propose à mes clients en coaching ou en formation :

Ressentir - Identifier - Connaître - Comprendre - Agir

Et pour vous en donner un aperçu, je vous propose de les parcourir ensemble, de façon résumée :

Tout d'abord il s'agit de prendre conscience qu'une émotion est présente, et pour cela il convient d'accorder un peu d'attention aux manifestations physiques. Concentrons-nous sur ce que dit notre corps : quels signaux envoie-t-il ? Avons-nous plutôt chaud, froid ? L'estomac est-il noué, le dos est-il tendu ? Les paumes des mains sont-elles humides ? Les genoux sont-ils faibles ? Ce mal de tête, où est-il situé au juste ? Cette bouffée de chaleur, comment se manifeste-t-elle ? Nos joues sont-elles devenues plus rouges, nos yeux plus brillants ? Notre voix a-t-elle monté d'une tonalité ? Notre respiration s'est-elle accélérée, ralentie, coupée ?

Mais, comment procéder lorsqu'il s'agit de sonder les émotions de l'un de vos interlocuteurs et non de vous-mêmes ? Vous pourriez par exemple remplacer le banal "Comment ça va ?" au profit d'une question plus précise sans être intrusive, par exemple "Comment te sens-tu ?" , ce qui l'incitera à une réponse plus authentique qu'un "Ça va, merci" machinal.

Nous sentons-nous confus ou plutôt excité ? détendu ou bien inquiet ? Maintenant que nous avons décrypté les signaux physiques, nous pouvons classer l'émotion qui prédomine dans l'une de ces principales catégories et reconnaître que nous éprouvons plutôt de la joie, de la peur, de la tristesse, du dégoût ou de la colère.

Puis, nous pouvons raffiner notre perception en lui attribuant un nom plus précis : de l'allégresse, une pointe d'appréhension, une déception, un rejet, une irritation.... L'idéal serait de trouver le mot qui corresponde exactement à ce ressenti précis, en fonction du contexte. Exemple pour la peur : stress, gêne, crainte, inquiétude, malaise, trac, nervosité, panique, trouble...

À présent que nous avons une meilleure conscience de la nature précise de l'émotion qui nous traverse : à quoi cela ressemble-t-il de connu pour nous ? Quelle était la précédente occasion où nous avons ressenti une émotion comparable à celle-ci ? La dernière fois que nous avons ressenti de la colère, à quoi cela nous a-t-il mené et pour quelle raison ? Est-ce identique cette fois ? Sinon, en quoi est-ce différent cette fois-ci ?

Que signifie la manifestation de cette émotion ici et maintenant ? En effet, les émotions ont une fonction : la peur nous protège du danger, la joie nous pousse à l'action, la colère indique que nous devons apporter un changement, la tristesse ponctue la perte de quelque chose ou quelqu'un. Généralement, la présence d'une émotion est la manifestation que nous avons un besoin à satisfaire, un manque à combler ou quelque chose à partager. Par exemple, une émotion apparentée à la peur est tout à fait légitime si on aborde un projet ambitieux, car elle attire notre attention afin que nous mettions toutes les chances de notre côté pour assurer la réussite de ce défi. En revanche, éprouver de la crainte à effectuer une tâche simple doit nous alerter : quel est le point qui pourrait me bloquer alors que tout semble facile ? De quoi ai-je besoin pour me sentir rassuré ?

Voilà ! Tout est plus clair désormais. Nous avons reconnu cette émotion, nous lui avons attribué un nom précis, nous avons compris la cause et nous avons évalué l'enjeu. Nous pouvons passer à l'action ! partager notre joie, énoncer nos réserves, apporter le changement nécessaire à une situation qui nous a mis en colère, prendre les précautions qui nous éviteront le danger réel ou supposé signalé par la peur, apprivoiser notre chagrin pour laisser à la tristesse le temps de s'exprimer, etc.

L'intelligence émotionnelle, facteur de performance et d'engagement.

Dans la sphère professionnelle : il est essentiel de connaître, comprendre et utiliser les émotions, qu'il s'agisse des vôtres ou de celles de vos collaborateurs, collègues, clients ou prestataires. Cela permet de mieux saisir les interactions entre les personnes, de décrypter des comportements parfois irrationnels, de présenter les choses autrement, de prendre les décisions adéquates pour apporter les modifications nécessaires.

Les personnes qui choisissent de considérer uniquement l'aspect intellectuel se privent de l'accès à l'intelligence émotionnelle. Le fonctionnement social et émotionnel est un des facteurs de performance des organisations :

- en favorisant la conscience de soi et d'autrui, on permet l'harmonisation des relations humaines

- en autorisant l'expression individuelle, on encourage les initiatives et la résolution de problèmes

- en maîtrisant l'expression des émotions, on évite les sautes d'humeur et on améliore la gestion du stress

- en clarifiant les enjeux, on facilite les prises de décision.

Émotions = contagion !

De même que les émotions négatives peuvent alourdir voire empoisonner l'ambiance quand elles sont partagées, les émotions positives possèdent le pouvoir extraordinaire de vaincre la morosité, d'emporter l'adhésion et d'entretenir la motivation ainsi que l'engagement.

Les leaders inspirants le savent bien, qui diffusent l'enthousiasme, qui affichent le sourire et qui favorisent la prise de hauteur lors de leurs interventions, sollicitant ainsi le meilleur en chacun de leurs interlocuteurs !

Vous aussi vous avez la capacité de faire rayonner votre leadership : vous pouvez commencer par vous concentrer sur le positif que vous percevez, vous abstenir de propager inutilement ce qui pourrait compromettre l'ambiance, choisir de communiquer votre bonne humeur, utiliser l'humour pour dédramatiser, être attentif aux signes émis par autrui, transmettre généreus-ement votre énergie et vos sourires : vous serez étonnés des résultats obtenus !

Pour aller plus loin :

Bienveillance : faiblesse ou force ?

Bonheur au travail

Garder la banane

Rencontrons-nous ! la prise de contact est offerte.

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