• Claudine Deslandres

Burnout : la surchauffe (1/3)

Dernière mise à jour : 23 août


Cet article en trois parties, je l'écris en août 2022, à l'heure ou les incendies dévorent la nature, ravagent les infrastructures, bouleversent l'économie, épuisent les pompiers, désolent des familles, inquiètent les maires, menacent le patrimoine et compromettent jusqu'à l'habitabilité de certains espaces.


Et si nous faisions le parallèle avec les activités professionnelles ?


Vous trouverez par ici la deuxième partie : Bore-out : la sécheresse

et la troisième est ici : Brown-out : la cohérence


Article burn-out, bore-out et brown-out


BURN OUT / BORE OUT / BROWN OUT

Ces trois expressions témoignent du mal-être au travail.


Quels parallèles peut-on établir entre les conditions qui favorisent le dérèglement du travail et génèrent l'apparition de ces troubles, et le dérèglement climatique qui engendre canicules, sécheresses et incendies ?


Suivez-moi dans cette première partie.




Burn-out : la surchauffe


Les entreprises me sollicitent parfois pour collaborer avec certains de leurs collaborateurs qui s'interrogent sur leur évolution professionnelle. Parmi ces personnes qui désirent mieux se connaître afin de bâtir leurs futurs projets, quelques-unes ont vécu un burn-out.

L'épuisement professionnel est devenu en quelque sorte un classique, dans ce contexte où les exigences s'accroissent alors que les budgets se réduisent et que les délais se raccourcissent (ici je schématise, car les contextes diffèrent selon les entreprises).


L'année dernière, j'ai accompagné une cliente qui avait vécu non pas UN, mais DEUX burn-out.


Et j'ai démarré une nouvelle mission cette année, avec une autre cliente qui elle aussi a vécu DEUX burn-out*


Cela m'interpelle... que se passe-t-il donc ?


Et j'en suis venue à l'observation suivante :


Que ce soit en coaching classique ou bien en bilan de compétences, je propose un questionnaire pour identifier les principaux Drivers de mes clients.

[ Pour faire court : les Drivers sont des sortes de messages contraignants qui influencent nombreux de nos comportements, voire qui nous placent en pilotage automatique sur certains aspects. Ils sont connus pour avoir été répertoriés par Taibi Kahler en Analyse Transactionnelle. ]



Or, il se trouve que chacune de ces deux clientes venues en bilan de compétences après DEUX burn-out, détient la combinaison de ces deux messages contraignants : le "fais plaisir" et le "sois fort".




D'un côté, leur driver "fais plaisir" les incite à répondre à l'injonction "tu dois être serviable, tu peux te charger des tâches d'autrui, tu dois faire le maximum pour être utile à l'entreprise" , ce qui entre en résonance avec leur générosité et leur conscience professionnelle.




De l'autre côté : leur driver "sois fort" les empêche de prendre suffisamment en compte leurs propres besoins car elles ont tendance à obéir à l'injonction "tu ne dois pas te plaindre, tu es forte, il suffit de serrer les dents et ça va passer", ce qui renforce leur engagement.




Autant dire que la conjonction des deux injonctions contradictoires aboutit à une pression permanente



La personne peut se retrouver dans une situation impossible, en accumulant les responsabilités, les tâches, y compris celles pour lesquelles elle n'est pas missionnée mais qu'elle se doit d'accepter tout de même - ou qu'elle a à cœur d'effectuer tout de même et qu'elle prend en charge spontanément.




Une de ces clientes m'a confié que, après burnout n°1 : "J'ai voulu me prouver que je pouvais tout donner". Ce qui l'a conduite... au burnout n°2.


Les personnes qui sont dans ce cas-là parviennent à la surchauffe : emploi du temps blindé, charge mentale maximale, accumulations diverses. Certaines se coupent peu à peu de leurs activités sociales ou sportives ou associatives, rognent sur le temps alloué à la famille. J'entends souvent des phrases comme "je n'ai pas le temps", ou "si je termine ou tel dossier ce soir, eh bien au moins ça sera fait" .



En négligeant ainsi leurs propres besoins, elles préparent le terrain au burn-out.


Car il est bien évident qu'après avoir bouclé ce dossier ce soir, il sera question d'en boucler un autre demain ou la semaine suivante, de préparer la prochaine réunion etc. et que le temps dédié au ressourcement ne se présentera jamais.


D'autres multiplient les casquettes et acceptent des responsabilités dans diverses activités, ajoutant ainsi des contraintes supplémentaires à un job de cadre déjà bien prenant.


C'est tout à fait possible quand on possède une bonne puissance de travail, une organisation qui tient la route, qu'on éprouve du plaisir à être actif et que l'on est capable de ménager aussi des temps de pause.


Dans le cas contraire : la motivation, le dynamisme et la compétence ne suffiront pas à maintenir le rythme effréné bien longtemps. La frontière entre hyperactivité et surmenage s'avère parfois bien mince.




Tout comme il est essentiel d'entretenir la forêt, il est nécessaire dans nos activités professionnelles de préserver une hygiène de vie qui nous protège et de veiller à aux conditions dans lesquelles nous travaillons.



1. Débroussailler :


Nettoyer, couper, élaguer les abords des bâtiments permet de les protéger.

Et surtout : on évacue les branches mortes, on ne les laisse pas entassées au pied des murs.


En entreprise, on débroussaille aussi : par exemple en élaguant les tâches inutiles ou en contrôlant les digressions dans les réunions. Et on ne laisse pas les dossiers s’accumuler : que ce soit dans l’ordinateur, sur le bureau ou dans les caissons, on évacue et on archive régulièrement. Y compris les courriels dans la boîte mail.



2. Ménager des zones coupe-feu :


Afin d’éviter que l’incendie ne se propage : en forêt, on laisse des zones non plantées.


En entreprise, on peut prévoir davantage de respirations dans l’agenda. Réfléchir ensemble à ce qui est possible de mettre en place pour cesser de sauter d’une réunion Zoom à une visio Teams. Alerter quand le planning devient tellement chargé qu’il n’est matériellement plus possible d’effectuer les tâches requises. Respecter les dates des congés, RTT, déconnecter pendant le weekend. Un peu de vide permet de limiter la propagation des points (trop) chauds.


3. Prévoir une veille active :


En forêt, pour circonscrire rapidement les petits départs de feu avant qu'ils n'évoluent en brasiers incontrôlables, on surveille l’apparition de fumées et on accroît la vigilance par temps chaud et sec.


En entreprise : on détecte les tensions, on règle les désaccords avant qu’ils ne dégénèrent en conflits (pour cela, les sessions de flash-coaching fonctionnent très bien). On est attentif aux signaux faibles : lorsqu’un collaborateur commence à se comporter d’une manière inhabituelle, par exemple quand il se disperse ou se renferme ou exprime de la colère ou de la fatigue.


4. Organiser les interventions :


Ce n’est pas au moment où l’incendie fait rage, qu’on s’interroge sur ce qu’il convient de faire pour le maîtriser. Les responsables savent déjà qui envoyer intervenir, dans quel périmètre et avec quel matériel.


En entreprise : on anticipe sur les moyens d’accompagner les managers, les collaborateurs ou les équipes en difficulté. On dispose aussi des coordonnées de prestataires aptes à les soutenir, et on missionne celui qui est le mieux qualifié en fonction de la nature du mal-être. Les coachs professionnels sont vos interlocuteurs privilégiés pour accompagner le changement, ponctuellement ou dans la durée.


5. Prévenir la récidive :


En forêt, la zone sinistrée reste sous surveillance afin de s'assurer que l'incendie ne couve pas encore, invisible sous la surface, prêt à repartir en brasier incontrôlable comme c’est le cas en Gironde en août 2022.


En entreprise : tout en accordant pleine confiance au salarié qui est de retour au travail après un arrêt de travail pour cause de burn-out, on reste attentif aux éventuels signes avant-coureurs de la surchauffe avant qu’elle n’évolue à nouveau.



Si ces points de vigilance sont ignorés : à un moment, eh bien il faudra employer les grands moyens, mobiliser les ressources d'urgence pour éteindre les brasiers. Cela s'avère coûteux en terme de temps, d'énergie, de douleur et de conséquences - aussi bien pour la forêt qui brûle et les conséquences sur l’écosystème dans lequel nous vivons, que pour nos organismes et nos cerveaux s'ils sont éprouvés par un premier burn-out, puis par le deuxième.




🏖 Si vous êtes actuellement en mode détente et repos :

je vous souhaite un bon été ressourçant 😎


Et, si vous êtes en mode combustion 🔥 , en mode ennui ⏳ ou incohérence 🤔 :


Alors, rencontrons-nous ! De préférence avant que votre mal-être au travail ne se transforme en burn-out, en bore-out ou en brown-out.


La prise de contact est offerte.


* Précision : ces deux personnes ont mené leurs bilans de compétences APRÈS avoir bénéficié d'un arrêt de travail, puis d'un soutien psychologique sérieux, et APRÈS avoir repris une activité professionnelle. Un bilan de compétences ou un parcours Ikigai ne peut pas être effectué quand on est au coeur de cette tempête qui bouscule à la fois le corps et le mental : mon métier c'est le coaching, pas la thérapie.





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