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  • Claudine Deslandres

Mais à quoi ça sert ?

Mis à jour : 23 déc. 2019


IKIGAI : que cache ce mot étrange ? Les Japonais de l'archipel d'Okinawa utiliseraient ce concept pour désigner la zone virtuelle "idéale", où se rencontrent joie de vivre et raison d’être. Bien que cette notion de l’Ikigai ne soit pas toute nouvelle, elle s'est beaucoup répandue ces derniers temps. Très relayée dans la presse, elle correspond à nous nommons parfois : "trouver sa voie", "être aligné", "être centré sur nos valeurs" ou encore "faire coïncider ses actes et ses convictions". Dans sa version Ikigai, cette notion de centrage, d'alignement est illustrée par des cercles superposés, comme sur ce schéma.

Combiner compétence, intérêt et plaisir dans une activité professionnelle rémunérée qui ait du sens : il s'agit là d’un thème qui nous concerne tous, que nous soyons entrepreneurs, managers, indépendants, salariés, commerçants, étudiants, artisans, porteurs de projets, élus, ou bien en transition professionnelle !

Je fais couramment référence à ce concept dans mes formations, conférences et coachings, afin d’aider mes interlocuteurs à cerner leur zone d’excellence, à réfléchir pour faire évoluer leur management, à élaborer un projet professionnel qui leur convienne ou bien à nourrir leur développement personnel.

Au cours de l'atelier Ikigai que j'ai eu le plaisir d'animer le 10 avril à La Filature, l'espace de coworking situé à Louviers en Normandie, les 35 participants présents ont pu expérimenter un bref aperçu d'un exercice lié à cette notion.

Encore un mot à la mode ?

Ce que nous appelons aujourd'hui Ikigai, a porté d'autres noms en d'autres temps et d'autres lieux. En fait, il s'agit de conceptualiser et illustrer schématiquement une recherche qui apparaît constante à tous les êtres humains - du moins, tous les êtres humains dont les besoins de base décrits dans la célèbre pyramide de Maslow sont correctement satisfaits - et qui s'interrogent sur la meilleure façon de faire correspondre leurs valeurs, leurs attentes, leurs compétences et leurs comportements afin d'insuffler du sens à leur vie, au travers d'une activité professionnelle enrichissante.

Ce qui pourrait se résumer à :

" Faire ce qu'on aime, aimer ce qu'on fait"

Comme le proclame le sous-titre de ce numéro de Management daté avril 2018 et qui nous propose dans ce seul numéro :

  • Travailler mieux, vivre plus

  • Le secret du bonheur au travail

  • Les recettes pour être bien dans sa peau et au boulot

  • Retrouvez l'envie de vous lever pour aller bosser

  • Ikigai le chemin de la plénitude

  • S'épanouir en travaillant

  • L'art de réenchanter sa vie

Vaste programme !

D'ailleurs, le même magazine vient de faire paraître deux hors-série :

Le Guide du Bien-être au travail en mars 2018

Dans lequel les rubriques se nomment : redonner du sens, concilier vie pro et perso,

et Changez de vie en février 2018

Avec toujours la fameuse rubrique : Redonner du sens à son travail.

Par ailleurs, le concept de l'Ikigai a été abordé notamment par :

Paris-Match, décembre 2017

Grazia, mars 2018

Elle, mai 2017

Madame Figaro, janvier 2018

Europe 1 : Anne Cazaubon, octobre 2017

Les Echos : février 2018

Modes d'emploi : janvier 2016

et beaucoup d'autres médias !

Lorsqu'un mot est ainsi repris dans plusieurs médias, de la presse économique à la presse people en passant par la presse féminine, voilà qui semble indiquer que ce mot est à la mode... En l’occurrence, il désigne un concept qui existe depuis une éternité, et auquel maintenant notre société semble s'autoriser à attribuer davantage de place - au point d'envisager de lui attribuer même une place prédominante.

Faire ce qu'on aime, aimer ce qu'on fait, voilà qui commence à sonner non seulement comme une invitation, mais comme une sorte d'injonction ! Sommes-nous donc tenus d'éprouver du plaisir au travail, de chercher notre bonheur en entreprise si nous sommes salariés ? de décider de créer notre propre activité pour suivre notre rêve d'indépendance, comme ce banquier devenu fromager ou ce pilote de ligne devenu paysan ? Est-il possible d'éprouver une certaine plénitude dans une activité non rémunérée ? Comment maintenir la motivation de ses collaborateurs quand on est manager, comment insuffler davantage de sens et de vision quand on est dirigeant ? L'ikigai aide à y voir plus clair.

Où est donc cet Ikigai ?

L'ikigai représente la zone virtuelle idéalement située à la conjonction de quatre larges cercles :

Se mettre en quête de son Ikigai consiste à explorer chacun de ces cercles, et à identifier puis à mettre en œuvre les actions qui peuvent nous rapprocher du centre.

Concernant les cercles "ce que j'aime faire" et "ce que je sais faire" : partir à leur découverte consiste à mener une sorte d'introspection. Mieux cerner quels sont nos talents, nos ressources, nos connaissances, les outils que nous maîtrisons, notre zone d'excellence, nos aptitudes, nos qualités fondamentales, nos motivations profondes. Ce qui peut s'avérer moins simple qu'il n'y paraît.

Concernant les cercles "ce pour quoi je peux être rémunéré" et "ce dont le monde a besoin" : pour tenter de les cerner, il convient de se souvenir que nos placards regorgent d'appareils que nous étions prêts à payer très cher voici quelques années et qui n'ont plus aucune valeur aujourd'hui, et du nombre de savoir-faire, de concepts ou de bonnes idées devenues obsolètes ou inutiles.

Un exemple ? Jusque dans les années 80, les bonnes dactylos étaient recherchées : quelle entreprise serait maintenant prête à engager une personne dont la seule compétence serait de savoir taper sur un clavier ? Vous aurez de meilleures chances d'être rémunéré si vous savez piloter un drone, installer une borne de recharge pour véhicules électriques ou concevoir un nouvel arôme de liquide pour cigarette électronique. Une étude affirme que 85% des emplois de 2030 n'existent pas encore.

Comment l'atteindre ?

Je ne crois pas qu'on puisse "atteindre" son ikigai et s'y installer confortablement pour une durée indéterminée - et heureusement ! car la vie serait bien monotone - tout simplement parce que ces cercles sont en évolution permanente :

- tout au long de notre vie nous acquérons de nouvelles compétences, de nouveaux savoirs

- nous n'avons pas envie de vivre les mêmes expériences à 30 ans qu'à 60

- le monde change autour de nous

- les tendances d'hier ne sont pas celles de demain : notre capacité à les anticiper fera la différence.

Notre Ikigai est donc une zone idéale, virtuelle, mouvante.

À quoi ça sert ?

"Ce dont le monde a besoin" peut être extrapolé à : ce dont mes voisins ont besoin, ce dont la société a besoin, ce dont mon entreprise a besoin, ce dont mes collaborateurs ont besoin...

Au-delà de la perspective agréable de combiner plaisir et compétences, savoir-faire et savoir-être, au-delà du cliché "un peu Bisounours" de prétendre apporter une contribution à « ce dont le monde a besoin » : le fait d’être en mesure de percevoir les tendances de fond, d’avoir une vision sur ce qui manque à notre société, c’est ce qui nous permettra de bâtir ou faire évoluer une offre de service rentable et durable.

C’est précisément en étant attentif aux signaux (même faibles), en s’entraînant à détecter les besoins de ce monde VICA Volatil Incertain Complexe Ambigu, que l’on peut bâtir et développer une activité professionnelle fructueuse, qui réponde à un besoin réel et qui saura évoluer pour rester pérenne. Avoir un bon aperçu de « ce dont le monde a besoin » représente une formidable ouverture vers les opportunités en devenir.

Voici la face visible de l'enseigne du siège de Facebook à la Silicon Valley :

Et voilà la face arrière de cette même enseigne :

La raison est expliquée ici :

Facebook's headquarters used to belong to Sun Microsystems, a onetime power-house of innovation that collapsed and was acquired by Oracle in 2009. When Facebook moved in, Zuckerberg made over the whole place, but he didn't change the sign out front, he just turned it around and put Facebook on the other side. The old sign remains as a reminder of what happens when you take your eye off the ball.

S'agit-il d'une méthode ?

Je n'utilise pas à proprement parler de "méthode Ikigai" : je conçois ou j'adapte des exercices, je propose un dialogue, des tests, des tâches à réaliser qui sont en corrélation avec l'un ou l'autre de ces 4 cercles, et je les ajuste en fonction de l'objectif défini par la personne ou le groupe accompagné.

Pour une personne qui souhaite faire le point sur son parcours professionnel dans l'optique d'une évolution professionnelle, voire d'une éventuelle reconversion : nous allons explorer chacun des 4 grands cercles. C'est-à-dire identifier les talents, les compétences (consécutivement ou en parallèle d'un bilan de compétences) et aussi explorer les motivations, les aptitudes, ce dont le marché a besoin, ce qui représente de l'intérêt et du sens.


La recherche d'une vie accomplie, en quelque sorte !


Identifier son Ikigai permet d'apprendre à détecter les opportunités et apporter un regard lucide sur soi-même, éclairant ainsi les projets d'évolution professionnelle.

En travaillant sur des exercices adaptés : les cercles de l'Ikigai peuvent être utilisés pour affiner une posture de manager, pour insuffler du sens à la vision du dirigeant, pour mobiliser une équipe, pour élaborer une stratégie commerciale etc etc

Pour aller plus loin : Rencontrons-nous ! la prise de contact est offerte.

Un peu de lecture :

Le Monde en Face, le Champ des Possibles, France 5

Passer de la banque , des RH ou de la finance au fromage

France Culture : 85% des emplois de 2030 sont encore à inventer

Observatoire de l'uberisation

Business Insider : la face cachée de Facebook

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